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Les quatre Rabbis - Le Pardes - Comment étudier l'étude ?

Les quatre Rabbis

Comment étudier l’étude ?

Habituellement, chaque talmid arrive avec une question à la séance d’étude.
Comment faut-il étudier ? Quel est le chemin de la Torah ?
Pour cela, nous allons analyser une michnah du Talmud. Le chapitre 14b du Traité Haguiga pose une énigme concernant quatre rabbis qui montèrent au Pardes, le verger céleste.

« Nos Rabbis ont enseigné : quatre hommes pénétrèrent dans le Pardes : ben Azzaï, ben Zoma, Aher et Rabbi Akiba. Rabbi Akiba les avait avertis en ces termes : lorsque vous parviendrez devant les pierres lisses (de marbre blanc) n’allez pas vous écrier : « De l’eau, de l’eau », à cause du passage : « Celui qui dit des mensonges ne subsistera pas en ma présence (devant mes yeux) » (Ps 101, 7).

Ben Azzai regarda et mourut ; à lui peut s’appliquer le passage : « Elle a du prix aux yeux de YHVH, la mort de ceux qui l’aiment » (Ps 116,15). Ben Zoma regarda et devint fou ; à lui peut s’appliquer le passage : « Si tu trouves du miel, n’en mange que ce qui te suffit, sinon tu serais gavé et tu le vomirais » (Ps 25,16)
Aher arracha les arbrisseaux (les jeunes pousses).
Seul Rabbi Akiba sortit en paix (sain) comme il était entré. »


Cette histoire pose beaucoup de questions :

Que signifie des « pierres lisses » ?
Quel est ce Pardes ?
Qu’y ont-ils vu ?
Que s’est-il passé pour chacun d’eux ?
Que désigne la mise en garde de Rabbi Akiba ?
Savait-il ce qui l’attendait ?

Cette histoire est magnifique parce qu’elle nous pose énormément de questions. Elle est interprétée différemment, c’est-à-dire qu’elle n’a jamais révélé tous ses mystères, mais elle nous intéresse parce qu’elle expose ce que nous faisons. PARDES, un mot d’origine perse (paradesa) signifie une orangeraie ou un somptueux jardin d’agrément. On l’apparente au paradis. Ce jardin, indique Maharcha, est la plus haute sagesse. Grâce à l’ascension mystique, soit au moyen de la pensée, soit au moyen de techniques mystérieuses, on y cueille les fruits de l’arbre de vie, qui représente la Torah dans le verger de l’étude. Le but est d’aller le plus près possible de l’Infini.
PARDES représente l’anagramme de quatre consonnes (Phé, Rech, Daleth, Sameck – PRDS) qui sont les initiales de quatre mots qui désignent quatre niveaux de lecture et d’interprétation de la Torah – l’arbre de vie – et chacun d’eux incarne une manière d’étudier.

Dans Pardes, (PRDS) la lettre phé, qui symbolise la bouche, est l’initiale de Péchath, le niveau de l’énonciation, le sens littéral, le premier degré.
Le premier homme, Ben Azzaï, regarda et mourut.

La deuxième lettre, rech, initiale de Remez, renvoie au sens allusif, dérivatif, ce qui est supposé être dit derrière ce qui est dit, les symboles, les allégories ou les allusions.
Le deuxième homme, Ben Zoma, regarda et devint fou.


La lettre Daleth, l’initiale de Derach, signale le sens dégagé par l’exégèse. On rapproche un verset de la Torah d’un autre, on analyse les commentaires contradictoires et les différentes hypothèses transmises par le Talmud, la Halakah, et le Midrach.
Le troisième homme, Aher, arracha les plantes.


Phé , Rech et Daleth exposent les écorces de la Torah.

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Rachel Cohen
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